Posteado por: tucidides | 5 noviembre 2009

Identité nationale en perspective

par yutsenko, Prof

04.11.09

En Septembre1887, William Dean Howells, éditeur de Harper’s magazine se faisait le champion de la littérature régionale Americaine en établissant des connections vitales entre identité régionale et identité nationale démocratique, et en “élevant ainsi un standard esthétique au niveau d’un principe politique” se faisait aussi le champion d’une certaine homéostasie sociale.

Or la littérature régionale de cette époque aux États Unis, en était venue a exister en réponse a une situation économique (avances technologiques rapides, urbanisation), sociale (influx massif d’immigants) et politique (après-guerre de sécession) anxiogène comparable a celle qui préoccupe la France d’aujourd’hui.

Cette littérature régionale est une littérature qui donnait une voix aux minorités.

Howells dénonçait alors, dans un manifeste destiné a promouvoir l’idée de ce lien vital entre identité régionale et identité nationale, ce qu’il voyait comme un obstacle a la réalisation de l’idéal démocratique.

“L’orgueil de caste est devenu l’orgueil du goût ; mais comme toujours, il est l’ennemi de la masse des hommes ; il ne consent a les connaître qu’a travers une démarche conventionnalisee et artificielle. Cet orgueil cherche a se faire distinguer sans se faire identifier. La démocratie […] est l’inverse de tout cela […] elle cherche a connaître et dire la vérité […] elle ne se soucie pas de dépeindre le merveilleux et l’impossible –(idéalisation de la France de Trenet, mon commentaire)—pour le vulgum pecus (vulgar few). Les hommes sont plus semblables les uns aux autres que dissemblables : faisons en sorte qu’ils se connaissent mieux, que tous soient rendus humbles and forts dans la compréhension de leur fraternité”.

Il n’est que trop facile ici de corréler ces propos et le désir soudain du gouvernement français actuel de définir l’identité française au mépris de sa vérité: le multiculturalisme, et de la richesse de ses parties constituantes. Le discours reductionniste et électoraliste qui semble émerger dans la presse sur les enquêtes réalisées auprès du public et qui consiste a faire du drapeau, et de l’hymne national, l’essentiel de cette identité est une insulte a tous ceux qui participent ou ont participé a l’histoire et a la grandeur de la France soit-elle politique, économique, académique ou littéraire. Il n’est que de considérer la présence a la tête du pays aujourd’hui de Monsieur Sarkozy— 2eme génération d’immigrés, et ceci malgré sa participation douteuse au bien de la nation—et l’attribution du Goncourt a Madame NDiaye. Pour remonter plus loin, mais guère, la contribution de Claude Levi-Strauss et celle de Marie Curie et la multitude des autres pour lesquels la place manque ici.

Certes il est temps que la France se “re-pense” mais il est a craindre que la Marseillaise— qui est loin de porter dans son texte les mêmes valeurs que le “Star Spangled Banner”—et l’orgueil de caste de l’UMP, ne faillissent a convaincre comme cri de ralliement.

La solution réside dans une politique pragmatique d’inclusion et dans l’octroi de facilités de participation qui permettront a la créativité de chacun de s’exprimer de manière constructive. Le rôle du gouvernement devant se limiter a faciliter cette participation et a éradiquer la peur de l’étranger qu’il entretient si consciencieusement avec l’aide des medias. La, maintenant trop fameuse, réplique de Monsieur Hortefeux “quand il y en a un ça va” est symptomatique de cette peur de l’inconnu et un flagrant aveu de faiblesse et d’incompétence. Un gouvernement digne de ce nom ne craint pas : il agit pour le bien de tous en impliquant chaque citoyen et résident. Ce qui fait la force des Etats-Unis est la décentralisation et la vigueur des solutions locales, ce qui fait la faiblesse de la France est sa centralisation, son oligarchie qui s’ignore, et la hiérarchisation sociale qui en découle. Le drapeau n’y pourra rien.

Re: l’identité il est temps aussi que le gouvernement re-pense sa politique nationale en fonction de la nouvelle réalité Européenne en tenant compte du fait que les nationalismes exacerbés ne veulent plus rien dire dans le contexte inachevé de l’espace Schengen.

L’identité française ne peut désormais plus se concevoir que dans son rapport integratif a cet espace et il serait bon qu’en tant que future région et minorité de cette Europe tellement rêvée et mise a mal, la France accepte de reconnaître et de valoriser le potentiel de ses propres minorités sans les soumettre a la propagande nivelante d’un électoralisme de circonstance et d’un nationalisme a la Pétain qui vise a institutionnaliser et conventionnaliser l’idée identitaire.

La solution réside dans des solutions concrètes, pas dans les debats théoriques publics sur des abstractions.

Fuente: http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/11/04/identite-nationale-en-perspective_1262419_3232.html

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