Posteado por: tucidides | 2 diciembre 2009

Unions libres entre Afriques et Amériques

LE MONDE | 02.12.09 | 16h49  •  Mis à jour le 02.12.09 | 16h49

“L’a diversité de ses sons, la richesse de ses accents, la subtilité de ses cadences”, l’archipel caribéen les doit énormément “aux Amériques et aux Afriques”, deux continents pris au pluriel. Rappel d’effets sous la plume de la philosophe Seloua Luste Boulbina, auteur de l’ouvrage Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (éd. Parangon, 2008), dans les notes de programme du festival Vibrations Caraïbes, qui se tient du 4 au 13 décembre à Paris, passionnante proposition dédiée aux arts contemporains de la Caraïbe (concerts, exposition, rencontres littéraires).

Musique traditionnelle de la Guadeloupe associant voix et tambour, le gwoka prolonge l’héritage des rythmes amenés par les esclaves. Ce langage, hier interdit par les maîtres dans les plantations et censuré par l’Eglise, est l’un des socles de l’identité guadeloupéenne. De nombreux musiciens s’y appuient en le croisant à d’autres influences, comme le trio jazzy Soft et ses chansons réjouissantes d’impertinence, qui présentait la semaine dernière son nouvel album, Konfyans (Aztec Musique), dans un New Morning plein.

Le couple voix-tambour forme également la base du bèlè martiniquais, un chant rustique accompagné de danses qui doivent beaucoup à l’Afrique. A l’affiche de Vibrations Caraïbes, la chanteuse martiniquaise Valérie Louri a appris la danse contemporaine au Brooklyn Dance Center et à l’Alvin Ailey School, à New York. Elle chantait New York sur son premier album en 2006 et s’inspire du bèlè dont elle est allé chercher la connaissance auprès des maîtres dans la campagne de son île.

Chez les musiciens guadeloupéens et martiniquais, l’évidence de fils croisés entre les Etats-Unis métis et les îles jaillit à chaque instant. Kassav’, qui célébrait ses 30 ans de carrière en remplissant le Stade de France avant l’été (Le Monde des 10 et 11 mai), a inventé le zouk en mélangeant le funk et les sons du rock à la biguine, au calypso et au gwoka.

Violons virevoltants

Bel équipage dansant, Malavoi sera en concert du 4 au 6 décembre au New Morning. Le groupe fondé en 1972 a retrouvé le chemin des studios d’enregistrement, après dix ans d’absence des studios, et avoir retrouvé son chanteur crooner Ralph Thamar, qui l’avait quitté il y a vingt ans. Pèp La, la chanson (Roland Brival, Nicol Bernard) qui donne son titre au nouvel album du groupe (Aztec Musique/Rue Stendhal), est basée sur un rythme du bèlè.

Malavoi a introduit l’héritage européen avec une formation de cinq violons et un violoncelle, mais continue de jouer et chanter du bèlè, de la biguine, de la mazurka, envers et contre modes, car “c’est ne pas oublier les fondamentaux et chanter notre histoire”, insiste Ralph Thamar.


Festival Vibrations Caraïbes, du 4 au 13 décembre. Le 5, Valérie Louri, à la Maison des cultures du monde (avec Kali et Manu Dibango). Malavoi en concert du 4 au 6 décembre au New Morning, à Paris, puis en tournée française.

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