Posteado por: tucidides | 28 diciembre 2009

Election présidentielle incertaine dans une Croatie qui poursuit sa route vers l’Union européenne

LE MONDE | 25.12.09 | 14h24  •  Mis à jour le 27.12.09 | 10h20

Drôle de date pour une élection présidentielle. Dimanche 27 décembre, les Croates sont invités à désigner le successeur de Stjepan Mesic, en poste depuis 2000. Ce premier tour a été planifié ainsi afin de permettre à de nombreux Croates vivant à l’étranger, de retour au pays pour Noël, d’y participer. Traditionnellement, ils votent en majorité en faveur de la Communauté démocratique croate (HDZ), le parti au pouvoir.

En Croatie, le président joue un rôle en politique étrangère. Mais l’essentiel des pouvoirs est aux mains du gouvernement. Le scénario de l’élection n’est pas écrit, car les deux principales formations – le HDZ et le SDP – ont chacune vu émerger un candidat dissident, issu de leurs rangs.

Les enquêtes d’opinion placent Ivo Josipovic, candidat du Parti social-démocrate (SDP) et professeur de droit à l’université de Zagreb, en tête des intentions de vote. Sa faible expérience politique est un atout. Il promet notamment de lutter contre la corruption. Le maire de Zagreb, Milan Bandic, a quitté le SDP et fait cavalier seul.

La bataille s’annonce serrée pour la 2e place. Andriaja Hebrang, le prétendant désigné par le HDZ, est au plus bas dans les sondages, loin derrière le dissident Nadan Vidosevic. Le HDZ est affaibli par la crise économique (15,5 % de chômage en octobre), par l’usure du pouvoir et les scandales. Il fait face à des demandes d’élections législatives anticipées.

Le paradoxe est que la chef du gouvernement bénéficie plutôt d’une bonne image. Début juillet, Jadranka Kosor était devenue premier ministre, après le soudain retrait d’Ivo Sanader de la vie politique. Les spéculations au sujet de ce départ se poursuivent. Mi-décembre, Ivo Sanader a démenti les allégations de la presse, selon lesquelles il aurait perçu de l’argent d’une banque autrichienne, dont il aurait facilité les investissements.

Aucun des principaux candidats ne remet en cause l’orientation pro-européenne du pays, ni la nécessité de collaborer avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. L’ère de la présidence autoritaire de Franjo Tudjman, décédé en 1999, paraît loin. La Croatie est le pays plus avancé de la région sur la voie vers l’UE.

Mais celle-ci est semée d’obstacles. La Slovénie y est pour beaucoup. Membre depuis 2004 de l’UE, elle avait accepté début octobre de lever son veto à la poursuite des négociations avec la Croatie, après dix mois de blocage dû à un conflit frontalier dans le golfe de Piran. Le 21 décembre, Zagreb a pu refermer les chapitres dans les négociations concernant la libre circulation des services et la politique sociale. Mais la Slovénie bloque l’ouverture de trois nouveaux chapitres : l’environnement, la pêche et la politique étrangère, de sécurité et de défense. “Les négociations d’adhésion de la Croatie sont dans leur phase finale et décisive. Nous pensons pouvoir (les) conclure avec succès à la mi-2010”, a annoncé Gordan Jandrokovic, le ministre croate de l’intégration européenne.

Un autre sujet très sensible anime le débat public en Croatie ; il est d’ailleurs lié à la question européenne. Il s’agit du vote des Croates de l’étranger, en particulier de Bosnie, où tous les candidats ont fait campagne. “La Constitution doit être changée avant tout référendum sur l’entrée dans l’Union européenne, explique Ana-Maria Boromisa, chercheuse à l’Institut pour les relations internationales. Mais cette question divise, car elle porte notamment sur le vote de la diaspora dont une grande partie penche pour le HDZ.”

Le dernier recensement, fait en 1991, indiquait que les Croates comptaient pour 17 % de la population totale en Bosnie. Cette part a fortement chuté (entre 10 % et 14 %, soit entre 400 000 et 450 000 personnes). Depuis 1991, les Croates se sont concentrés dans la partie occidentale du pays.

L’existence d’une Fédération croato-musulmane et de la Republika Srpska pour les Serbes ne satisfait pas certains dirigeants croates, qui rêvent d’une entité à part pour leur population. Mais la plupart des candidats à la présidence croate sont plutôt contre, ou bien restent vagues.

Début octobre, Vesna Pusic, candidate à la présidentielle pour le Parti populaire croate (HNS), résumait le problème devant un groupe d’experts conviés à Zagreb par la Fondation Bosch. Dans un pays de 4,4 millions d’habitants, le vote de la diaspora, que tout le monde veut séduire, représente un enjeu considérable, voire décisif en cas de résultats serrés. Selon Vesna Pusic, depuis des années, “les partis ont utilisé les Croates de Bosnie pour leurs intérêts politiques, mais personne n’a aucune idée de la façon de tirer ce pays de l’impasse “.

Anuncios

Categorías

A %d blogueros les gusta esto: