Posteado por: tucidides | 2 enero 2010

Trente-trois nouvelles universités autonomes

Marie-Estelle Pech
31/12/2009 | Mise à jour : 14:22 // |

En ce 1er janvier, la France compte désormais 60 % de facs autonomes.

Après avoir survécu à deux importants mouvements, celui des étudiants à l’hiver 2007, puis celui des enseignants au printemps 2009, la loi sur l’autonomie poursuit son chemin au pas de charge. Ce 1 er janvier 2010, trente-trois nouvelles universités ont choisi de passer à l’autonomie budgétaire. Elles suivent le sillon tracé par dix-huit pionnières en 2009.

Selon le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, il s’agit de l’une des réformes «structurelles les plus importantes», engagées par la France ces dernières années. Grâce à la loi votée en 2007 qui permet une dévolution des ressources (patrimoine immobilier, budget, ressources humaines), les universités sont davantage maîtresses de leur destin. La maîtrise de leur masse salariale leur permet de dégager des marges de manœuvre pour conduire leur politique en matière de décharges de services ou de recrutement, notamment. Les conseils d’administration peuvent définir une politique salariale différenciée en attribuant des primes. L’université d’Aix-Marseille-II a ainsi attribué une prime de 20 000 € à sa «meilleure équipe pédagogique». Elle a aussi choisi d’attribuer une prime d’«excellence scientifique» à 20 % de ses enseignants chercheurs. L’université de Nancy-I a, quant à elle, décidé d’alléger le temps d’enseignement de ses jeunes maîtres de conférences pour qu’ils se consacrent davantage à leurs recherches.

Les établissements déjà passés à l’autonomie budgétaire ont tous dû étoffer leurs services de ressources humaines, de gestion et de finances. Des cadres ont été embauchés, notamment en transformant des postes de catégorie C en catégorie A. Dans leur rapport d’information traçant un bilan de la loi, cet été, les sénateurs ont pu constater que la mise en œuvre de l’autonomie avait «renforcé l’attractivité des postes administratifs des universités, les profils des secrétaires généraux ou secrétaires généraux adjoints témoignant d’un élargissement de la sphère de recrutement». Il convient de noter, observaient-ils par ailleurs, que les dépenses de masse salariale des universités dites «autonomes» n’ont connu «aucun dérapage majeur».

Prudence «excessive»

L’heure est donc au satisfecit, même si les premiers mois d’exercice de l’autonomie ont surtout été marqués par la «prudence». Prudence «de fait» des universités, qui exercent un nouveau métier, mais prudence «excessive» des rectorats, selon les sénateurs, qui «sembleraient confondre dans certains cas contrôle budgétaire et contrôle de gestion». Ce reproche d’une administration trop «tatillonne» est toujours fait par certains présidents d’université, mais, au ministère, on indique que «les rectorats ont été rappelés à l’ordre».

Même si les universités ont désormais presque toutes mis en place des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle pour les étudiants, toutes sont encore loin de délivrer des informations précises sur ce sujet délicat. La mise en place des critères de performance relatifs à l’insertion professionnelle se fait lentement. L’ensemble de ces informations seront disponibles au plus tôt en 2013. Concrètement, ceci signifie que la première allocation des moyens en fonction de ce critère ne serait possible que dans huit ans…

La dernière étape de l’autonomie, la gestion de l’immobilier, n’a pour l’heure été réclamée que par neuf universités.

Côté syndical, on continue à regretter que les présidents d’université «soient devenus tout-puissants, quasiment sans contre-pouvoir». C’est d’eux que tombe la décision finale en matière de carrière d’un enseignant, par exemple. Des accusations injustifiées pour les présidents, qui assurent ne pas pouvoir gouverner autrement que collectivement. La loi LRU aurait même, selon eux, davantage renforcé le pouvoir des différentes instances de l’université que celui du président. Au reste, affirment-ils, le Conseil national universitaire (CNU) continue à décider de la moitié des promotions d’enseignants-chercheurs dans chaque université… L’autonomie reste relative.

CHRONOLOGIE :

11 août 2007 : vote de la loi sur les libertés et responsabilités des universités

1er janvier 2009 : Les dix-huit premières universités autonomes accèdent à l’autonomie budgétaire

1er janvier 2010 : Trente-trois nouvelles universités passent à l’autonomie

Fuente: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/12/31/01016-20101231ARTFIG00009-au-1er-janvier-60-des-facs-seront-autonomes-.php

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